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Arts et Histoire

Dans cette partie du site, nous nous intéressons plus particulièrement à l’Art et à ses rapports avec l’Histoire.

Dans les manuels scolaires du collège vous familiarisez avec un certains nombre de documents. Ils représentent les sources les historiens. Sans eux, il n’ y a pas d’appui pour étayer leurs hypothèses et leurs interprétations du rapport au monde qu’ont développé les hommes qui nous précèdent.

Certains de ces documents appartiennent au domaine de l’Art et dépassent le cadre du simple témoignage de faits concernant une époque donnée. Quelques uns d’entre-eux ont été choisis pour illustrer vos manuels scolaires mais surtout pour servir d’éclairage sur la vie quotidienne et sur les croyances des hommes du passé. Mieux encore, ils nous renseignent sur ces hommes et leur rapport au monde.

Bien entendu, votre professeur vous fait découvrir et travailler sur ces documents à l’occasion de l’étude des chapitres des programmes de votre classe.

Ici, il est plus question d’approfondir la connaissance de ces documents/ œuvres d’art et d’essayer d’établir un lien avec l’Histoire, c’est-à-dire les remettre dans leur cadre historique, vous donner quelques clefs de lecture et d’analyse et enfin essayer de vous montrer ce qu’ils vous apportent à vous élèves.

Cette rubrique se conduira par niveau de classe du collège et s’adresse aux élèves mais également à tous ceux qui veulent en savoir plus. Pour le moment, quelques œuvres vous sont proposées (surlignées en caractères gras), d’autres suivront bientôt. Bonne visite. 

CLASSE DE SIXIEME :
Œuvre étudiée : Le jugement des morts par le tribunal d’Osiris, auteur anonyme (papyrus du Livre des morts d’Ani (feuillets 3 et 4,  environ 1300 av J.C.)

CLASSE DE CINQUIEME :
Oeuvre étudiée : La mosaïque de San Vitale de Ravenne, l'Impératrice Théodora et sa cour, vers 547.

CLASSE DE QUATRIEME : A venir

 

PROGRAMME HISTOIRE SIXIEME

Papyrus extrait du Livre des morts du scribe Ani, auteur anonyme, environ 1300 av J.C., conservé au British Museum de Londres.

 

 undefinedFeuillet 3
undefinedFeuillet 4

 

Cadre général et présentation de l’œuvre

Ces deux feuillets ont été extraits du rouleau de papyrus du Livre des morts qui avait pour destinataire le scribe royal Ani. Le nom de l’auteur ne nous est pas parvenu.

Il s’agit à cet instant du passage du défunt vers le royaume des morts sur lequel Osiris règne. Tous les hommes craignent le jugement du tribunal d’Osiris. Le Livre des morts est un livre magique pour les Egyptiens. Il permettait de conjurer les dangers rencontrés au cours du voyage du défunt vers l’au-delà. Il contient donc plus de 200 formules magiques et des charmes qui prononcés au bon moment peuvent l’aider à passer les épreuves. C’est pour cette excellente raison qu’il accompagne le défunt dans sa tombe. En se procurant un Livre des morts, le « futur » défunt a l’assurance de préparer ses obsèques à l’avance.

Ces Livres étaient donc très précieux et inabordables pour la majorité des Egyptiens. Au départ, ils avaient été réservés au pharaon. Puis, on assista à une diffusion dans les couches les plus hautes de la société égyptienne. Ce sont les hauts fonctionnaires de l’Etat, par leur rapport à l’image et à l’écrit, qui seuls disposaient des moyens financiers pour se procurer ce précieux « passeport » vers l’au-delà. Les scribes du pharaon (scribes royaux) font partie de ceux qui peuvent se l’offrir.

C’est ainsi que le scribe Ani, « scribe royal » qui vécut vers 1300 av J.C. à Thèbes alors capitale de la Haute-Egypte et qui servait au temple, se le procura. De ce que l’on peut savoir, le scribe Ani semble être apprécié du pharaon et en avoir la faveur.

Les feuillets 3 et 4 le représentent en train de subir les épreuves de la pesée du cœur et ensuite de la présentation devant le tribunal d’Osiris.

Serviteurs de l’Etat, les scribes maîtrisent le dessin, l’écriture et la lecture, avantage qui leur conférait bien évidemment une certaine notoriété. Mais plus encore, ils jouaient un rôle majeur aux côtés des prêtres et des soldats dans une société strictement hiérarchisée. Il faut comprendre que cette société égyptienne était très attachée à l’image et l’écriture car c’était pour les Egyptiens le moyen de pérenniser toute action humaine. Les scribes suivaient une formation en conséquence : 12 ans d’apprentissage en recopiant des textes anciens la plupart du temps dans les temples. Une fois formés, ils devenaient comptables, techniciens et artistes au service de l’Etat centralisé de pharaon. Parcourant les domaines, les temples, ils fixaient le montant de l’impôt, le faisaient rentrer et rendaient parfois la justice. Entrés au service de l’Etat à vie, ils transmettaient le plus souvent cette fonction à leurs descendants. Véritables représentants de l’autorité, surnommés « l’œil de pharaon », ils formèrent peu à peu une véritable élite.

Parlons du support à présent : le papyrus. Fabriqué le plus souvent à partir de la moelle pressée de la plante, le papyrus poussait dans les marais du delta du Nil. Les scribes se servaient d’un calame pour y coucher les hiéroglyphes « pour l’éternité » à l’encre noire et rouge.

 
Quelques clefs pour comprendre l’œuvre

Dans le feuillet 3, nous pouvons voir le scribe Ani entrant dans le royaume des morts afin d’y subir la première épreuve : la pesée de son cœur sur la grande balance à fléau. Il précède son épouse Toutou.

Ani, qui est vêtu d’un habit de fête, se courbe se montrant humble et montrant, de la sorte, son obéissance aux juges du royaume des morts.

C’est à  Anubis, le dieu à tête de chacal, que revient le devoir de peser le cœur du mort sur la balance à fléau. On aperçoit donc bien le cœur avec ses artères sur le plateau gauche de la balance tandis que sur l’autre se trouve une plume d’autruche, symbole du Maât (l’ordre universel pour les Egyptiens). Si les plateaux sont équilibrés c’est la réussite de la première épreuve pour Ani.

Les Egyptiens considéraient le cœur comme l’organe où se situe le centre du réel de la personnalité. C’est le siège de la raison, de la volonté et de la conscience morale. D’ailleurs, c’est le seul organe qu’ils traitaient et replaçaient dans le corps du défunt momifié.

La balance à fléau représentée a son importance puisque c’est avec une balance identique que les Egyptiens pesaient l’or et l’argent, c’est-à-dire les matières les plus précieuses. Par conséquent, elle rappelle ici l’importance de l’épreuve et sa valeur morale.

Sur le haut de son axe, on peut observer un babouin assis. C’est l’incarnation du dieu Thôt, dieu de l’écriture et du calcul dont la présence ici signifie qu’il veille au bon fonctionnement de la balance. Il valide ainsi l’épreuve.

A gauche, sous la balance et près d’Ani, nous pouvons remarquer la présence de divinités inférieures. Elles connaissent Ani depuis toujours car celui-ci servait au temple. Leur présence peut être interprétée comme leur intervention en sa faveur devant le tribunal.

Quant à l’oiseau à tête humaine, juste au-dessus, il représente l’âme d’Ani. Il suit avec intérêt la cérémonie de la pesée dont dépend son destin.

Observez les « maîtres de la justice » au-dessus de la scène. Ce sont les dieux de la Terre, du ciel et de la lumière. Il leur revient de décider du sort d’Ani à l’issue de la pesée de son cœur.

Juste au-dessous de ces derniers, figurent les hiéroglyphes de la prière de conjuration du cœur. C’est une formule magique que les historiens considèrent comme l’une des plus anciennes prières de l’humanité et porte le nom de prière du scribe Ani . Elle sert à empêcher le cœur de révéler la part noire qui réside en lui protégeant ainsi le défunt : « mon cœur de ma mère, mon cœur de ma mère mon cœur de mes formes changeantes ne dépose pas contre moi comme témoin ne te dresse pas contre moi au tribunal ne m’accable pas devant le maître de la balance ».

Ani a passé l’épreuve de la pesée avec succès puisque son cœur n’est pas plus lourd que la plume. Il continue son voyage vers Osiris et se trouve à présent (à droite du feuillet 3) devant Thôt ( cette fois-ci  à tête d’Ibis son autre incarnation) et le monstre appelé la dévorante.

On aperçoit donc le dieu à tête d’Ibis (cet oiseau échassier, est un oiseau d’une grande habileté. Il symbolise l’intelligence vive, l’expérience et le mystère)  dans le rôle de fonctionnaire du tribunal avec son calame lui servant à noter le résultat de la pesée en enregistrant le nom du défunt dans la liste des justes.

C’est l’acte qui clôt le tribunal divin car la validation n’est valable que par l’écrit. Ainsi, tout est fixé pour l’éternité.

Remarquez la dévorante derrière Thôt, ce monstre redouté des Egyptiens (car les plus dangereux), prêt à engloutir les défunts au cœur noirci par leurs mauvaises actions. L’animal-monstre a la gueule d’un crocodile, le corps d’une panthère et l’arrière d’un hippopotame.

A présent, passons au feuillet 4 où a lieu la présentation d’Ani au souverain du royaume des morts : le puissant Osiris.

Ani, conduit par Horus le dieu à tête de faucon, se dirige vers la table des offrandes couverte de gâteaux, de vin, de fruits et de jarres à vin et à bière. Il s’agenouille devant ces nourritures terrestres qu’il apporte au dieu Osiris.

Admirez ce dernier assis sur le naos, ce superbe édicule en bois dans lequel sont transportés les dieux les jours de procession. Si l’on s’attarde sur la partie haute de la scène, on entrevoit des colonnes lotiformes (en forme de fleur de lotus) dont la présence rappelle la notion de fertilité incarnée par le dieu. La couleur verdâtre ou olivâtre du visage d’Osiris, symbolise elle aussi cette notion de fertilité, de renaissance de toute vie, couleur du limon du Nil qui fait renaître les plantes chaque année.

Observez le dieu : il porte les insignes du pouvoir et qui expriment la toute puissance du pharaon : le sceptre en crochet, le fouet-fléau et la couronne, cette mitre blanche de la Haute-Egypte à la double plume d’Autruche.

Son corps est momifié et donc entouré de bandelettes décoratives qui lui donnent cet aspect de rigidité. Ceci pour nous rappeller qu’Osiris lui-même,ce  puissant pharaon, a connu le même sort mortel que les autres hommes. Il n’ a pas pu échapper à sa destinée d’abord humaine. Sur cette expérience, se fonde le grand espoir des Egyptiens de renaître à leur tour à la vie dans un autre monde.

Derrière Osiris, nous pouvons voir Isis et sa sœur Nephtis. Toutes les deux  tendent leurs mains vers Osiris en signe de protection .

Ani est accepté au royaume des morts et est placé sous la protection du dieu de la résurrection.

Il est temps à présent de tirer les enseignements de ce fabuleux document qui livre encore de nombreuses informations aux historiens.

Il nous enseigne que les Egyptiens avaient besoin d’un mythe porteur d’espoir et de promesse de résurrection après leur mort.

Ainsi, les feuillets 3 et 4 (par conséquent la rencontre avec le dieu Osiris) représentent un moment essentiel du Livre des morts.

Pour les Egyptiens, qui pensaient que l’ordre divin veillait à la répétition de toute chose, si Osiris pouvait renaître à la vie ils pouvaient le faire à leur tour s’éveiller dans un nouveau monde en se fondant à la magie d’Osiris.

Cependant, Osiris lui-même ne peut éviter tous les pièges au défunt. Ici, nous touchons au domaine des peurs ancestrales des hommes. Des abîmes, des démons, des terreurs attendent encore le défunt sur le chemin du jardin céleste d’Osiris, où tous les souhaits sont exaucés. Ainsi, le Livre des morts déroule encore de nombreux feuillets dans lesquels circulent d’autres formules magiques et incantations pour aider le défunt à trouver enfin la sortie du monde d’en-bas et atteindre pour l’éternité l’au-delà.

 

L’œuvre et l’élève

A présent, il est temps d’essayer de relier l’œuvre d’art étudiée, disséquée et analysée à votre programme scolaire. D’autres documents auraient pu être choisis bien évidemment pour tout d’abord illustrer le cours et ensuite pour vous interpeller.

Le Livre des morts, dont nous avons observé les feuillets 3 et 4, permet de rendre compte des croyances fabuleuses des Egyptiens. Le côté magique, charmes et incantations des prières et formules pour conjurer le sort correspond bien à l’aspect ludique qu’ont encore les élèves du niveau de la sixième. Les hiéroglyphes énigmatiques et hermétiques renforçant l’aspect mystérieux et mystique de la civilisation égyptienne.

Mais derrière cet aspect enfantin, l’œuvre d’art permet aux élèves d’appréhender l’univers des croyances égyptiennes et de se fondre dans le rapport au monde développé par les Egyptiens. Elle transpose l’imaginaire de l’une des premières civilisations, organisée et hiérarchisée, dominante mais dont les inquiétudes essentielles résidaient dans son devenir après la mort. En cela, elle montre comment la société égyptienne apporte une réponse au besoin de spiritualité des hommes et des femmes qui la composent.

Enfin, nous pouvons également constater que la réponse religieuse plaque son modèle d’organisation hiérarchisée sur la société égyptienne puisque seuls les plus hauts dignitaires de l’Egypte, à l’image de pharaon, peuvent accéder au monde de l’au-delà. Tout comme dans la vie réelle ils accèdent aux plus hautes fonctions, aux honneurs, à la vie luxueuse et plus facile. Tout est réglé, orchestré à l’image de la vie dans la société égyptienne et rend les feuillets 3 et 4 du Livre des morts comme autant d’éclairage sur les mentalités des hommes de l’Egypte antique.





 

PROGRAMME HISTOIRE TROISIEME
Guernica, 1937, Tableau de Pablo Picasso, Musée du de la Reine Sofia à Madrid


Ne pouvant pas insérer le tableau pour des questions de droits d'auteur et de crédits photographiques à régler aux ayants droits de Pablo Picasso, nous vous invitons à aller admirer et observer l'oeuvre sur les sites consacrés et officiels.


Quels sont les rapports entre  l'Histoire et le chef-d'oeuvre de Picasso ?
Pour le comprendre, il faut retourner d'abord aux événements et ensuite suivre la démarche du peintre.
Le contexte :
Depuis juillet 1936, l'Espagne a glissé dans une guerre civile qui divise les Républicains et les Nationalistes fascistes du parti du général Franco.
Les Républicains avaient lancé un appel au secours aux démocraties françaises et anglaises. Mais, celles-ci déclinèrent leur invitation à mener une intervention de soutien. Par contre, les fascites de Franco ont eu plus de succès auprès de l'Allemagne nazie qui répondit très promptement en envoyant les avions de chasse de la Luftwaffe bombarder la ville de Guernica. Pourquoi Guernica ?
Il faut savoir que cette petite ville du Pays Basque est située dans la province de Biscaye, à proximité de Bilbao ( la grande ville industrielle de la région et qui formait l'un des bastions de la lutte des Républicains contre la junte militaire du général Franco).
Guernica, c'est surtout la capitale historique et spirituelle du Pays Basque. Elle était le lieu où se réunissaient les assemblées législatives de Biscaye et surtout où les rois espagnols prêtaient serment, lors de leur accession au pouvoir, et juraient d'observer les fors ou fueros (anciennes chartes garantissant les libertés d'une ville ou d'un État) et de conserver et protéger les lois et les droits en vigueur dans les provinces basques.
C'est donc un symbole à abbattre pour les fascistes espagnols.
Pour l'Allemagne nazie, c'est l'occasion d'expérimenter une opération de bombardement expérimental avec leurs nouvelles armes ; une sorte de répétition générale avant la Seconde Guerre mondiale.
De fait, le 26 avril 1937, alors qu'il ne reste à Guernica que les femmes, les enfants et les vieillards (les hommes étant en lutte aux côtés des Républicains), la ville devient la cible d'un bombardement aérien qui dure plusieurs heures et au cours duquel Guernica est complétement anéantie. Les victimes sont au nombre de plusieurs milliers d'individus.
La ville devient alors le symbole de la guerre civile espagnole.
Guernica et Picasso :
Lorsqu'il apprend la nouvelle de la destruction de Guernica, Pablo Picasso est installé en France. En effet, depuis 1904, il a quitté son pays(sans pour autant perdre ses racines) parce que Paris est alors la place incontournable du monde des arts. A la suite des événements de la guerre civile espagnole de 1936,cette installation artistique devient un exil car Picasso est en profond désaccord avec le régime franquiste et marque son hostilité au fascisme en produisant une série d'esquisses pour une peinture murale destinée au pavillon espagnol de l'Exposition universelle de Paris de 1937.
Donc, lorsqu'il apprend la nouvelle du bombardement de Guernica, Picasso se précipite sur le quotidien "Ce Soir" (Grand Quotidien d'Information Indépendant) et y découvre l'article relatant les faits accompagné d'une photographie de la ville en feu et anéantie.
C'est à partir de cet article que le peintre va lancer son travail pictural. Pour lui, l'image est universelle. Il n'est pas utile de connaître une langue particulière pour comprendre le message transmis. Mais il faut encore savoir déchiffrer l'image.
L'oeuvre, Guernica,  ressemble à une frise et se lit de gauche à droite comme si on lisait un texte.
C'est un tableau d'histoire car Picasso devient alors un artiste engagé. Son oeuvre s'inscrit dans celles de ses prédécesseurs Delacroix (Massacres de Scio), le Douanier Rousseau ( La Guerre ou la Chevauchée de la Discorde) et bien sûr Goya (Dos et Tres de Mayo) dont Picasso est grand admirateur.
En créant Guernica Picasso refuse de se taire devant la barbarie d'un régime fasciste. Il ne s'agit pas pour le peintre de juste réprésenter les événements mais plutôt de les dénoncer aux yeux du monde et pour l'éternité.

Pour vous en convaincre, lisez Picasso, cité par Jean Leymarie dans Picasso, Métamorphoses et Unité, 1971 :       " Que croyez-vous que soit un artiste ? Un imbécile qui n'a que des yeux s'il est peintre, des oreilles s'il est musicien ou une lyre à tous les étages du coeur s'il est poète ?...
Non, la peinture n'est pas faite pour décorer les appartements. C'est un instrument de guerre offensive et défensive contre l'ennemi ".

 










































































PROGRAMME HISTOIRE CINQUIEME

L'Impératrice Théodora et sa cour, mosaïque anonyme de la basilique San Vitale de Ravenne, vers 547.

Le cadre de l'oeuvre
Le portrait ornant la mosaïque que nous allons étudier domine les visiteurs de la basilique. Il faut lever les yeux pour l'observer. Elle se situe exactement en face de la mosaïque de l'Empereur d'Orient Justinien, son époux.


Quelques clefs pour comprendre l'oeuvre
Sur la mosaïque, Théodora porte les insignes du pouvoir puisqu'elle est coiffée d'un diadème de diamants où pendent de longs cordons de perles et du manteau de pourpre (le manteau des empereurs).
On peut observer que Théodora est représentée entièrement et précède les personnages qui l'accompagnent. Elle se situe en tête de la procession et apporte un calice à la basilique.
A sa gauche, nous pouvons remarquer un cortège de femmes tandis que de l'autre côté, Théodora est accompagnée de deux hommes; vraisemblablement des fonctionnaires.
L'un d'eux, à l'extrême droite de l'Impératrice, soulève la tenture recouvrant le portail de la basilique nous laissant deviner l'obscurité de l'intérieur de la basilique marquant ainsi le contraste entre l'intérieur de l'édifice et la scène de plein-air qui a lieu à son entrée. Théodora et son cortège sont sur un sol verdoyant, près d'une fontaine jaillissante.
L'Impératrice est représentée sous un baldaquin précisément au centre de deux colonnes en pierres. Les artistes qui ont réalisé la mosaïque la font dominer le reste du cortège grâce à sa haute coiffure et par la place de premier plan qu'elle occupe.
En réalité, Théodora a toujours été décrite comme une femme de petite taille et de constitution délicate. Mais... elle était impératrice...alors...
Cette mosaïque s'inscrit dans un cadre plus vaste : celui des portraits d'Empereurs. A Ravenne, les portraits de l'Empereur avaient une double fonction politique. Ils étaient la manifestation de la présence de l'Empereur dans une ville conquise depuis peu de temps. Leur place dans la basilique, se justifiant par le fait que l'Empereur d'Orient était considéré comme le chef religieux et le réprésentant du Christ sur la Terre.
















































 

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